samedi 19 février 2011

Rte provinciale et corbillards

Les lignes au milieu de la rue et celles plus floues; de chaque côté cette brume, comme un rideau épais qui défile sur mon passage. Ça a attiré mon attention, cette silhouette, comme une peinture d'aquarelle dans un livre pour enfant un peu noir. Ces branches sombres, qui s'étalent comme une fissure dans l'air. Au-dessus de la route un corbeau, une étincelle de noirceur. J'aurais juré un décor de cimetière amérindien ( vù dans les vues). J'ai continué encore un long instant; laissant le décor défiler et la brume délaisser la route. Puis j'ai mis les breaks, dérapé un peu sur la glace et filé en sens inverse pour revenir à nouveau dans l'autre direction et m'arrêter. Tâté le siège d'une main pour prendre la caméra en gardant mon regard fixé sur le miroir;  un bout de route humide et la brume indéchifrable à chaque extrémité; rien à faire. Ça ferait une belle photo. Frappé par une van, en première page aussi. J'ai embrayé en première, regardé à nouveau cette image à jamais grise, sur la peinture lisse d'un corbillard qui surgit à pleine vitesse dans l'autre sens.

1 commentaire:

  1. Ça me fait penser au 8ième ou 9ième rang, ton truc. Quand on hésite entre les deux.

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